Ego Strip : Anticoformiste de panurge

Mon sourire, ma nonchalance, mon détachement, mon humour, mon calme. Piliers d’un équilibre fragile d’une tour de Babel bâtie sur des sables mouvants.

Dans la main le va et vient lumineux me dévoilant un texto d’une jeune fille un peu perdue meurtrie par un touche pipi musclé. Ne trouvant le réconfort qu’elle quémandait elle m’accuse de tous ses maux, peut-être était elle à la recherche de la chaleur d’un torse masculin en guise de mur des lamentations. Désolé, les mouvement de têtes c’est plus bas, et sans les dents de préférence pour moi.

Elevé à grand renfort d’humilité et de positivité par la seule véritable femme de ma vie, j’ai toujours eu un mal fou à m’apitoyer sur le sort des autres, et encore moi sur le miens.

Et pourtant.

Arrivé sur cette planète comme un présent, on m’apprend très vite que je n’aurais jamais l’occasion de rencontrer le papier cadeau qui m’avait enveloppé pendant neuf mois, arrachée à la va vie par un gamin capricieux que nombreux considère comme bon et omniscient. Heureux les simples d’esprit.

Première prise de contact avec le concept de relativité à six mois à peine: c’est pas grave.

Une citation de Dante aurait été cependant bienvenue à mon arrivée. (1)

Faux départ dans une course de fond dont nous sommes tous les participants, je discerne au loin la ligne d'arrivée sur une colline de cyprès; les premiers arrivés ne seraient pas forcément les gagnants. Je décide alors de m’éloigner de la piste pour aller m’allonger sur la pelouse du stade en essayant de déchiffrer le message dissimulé dans le ciel. Je décèle alors une lettre, puis une autre, avant que ce mot me soit enfin révélé : « N.U.A.G.E »

La vie est facétieuse.

Ma vie. Une métaphore en Full HD aux noirs profonds, avec un taux de contraste élevé entre désir et pragmatisme cartésien, et en guise de rémanence des projets qui polluaient mes rédactions en CM2.

Et toi tu voulais faire quoi plus tard ?

Une trame amoureuse digne d’une tragédie grecque sans oignon, où mon cœur cède des le plus jeune âge aux convoitises de celle qu’on appel « troisième art » et qui m’accompagne depuis lors, elle et moi isolés dans ma chambre, ou au beau milieu d’une foule amblyope, qu’importe, chacune de nos rencontre me met dans un état de transe, digne de la plus belle des brésilienne.

Bien que choyant l’intime conviction qu’elle était mon âme sœur, je succombe pourtant aux litanies incessantes de Polymnie qui tente de m’inviter dans sa couche de papier. La belle a de sacrés atouts.

La prose pour rapière et l’humour comme bouclier, je décide alors partir à l’abordage de la langue française afin de la faire mienne, chérissant intimement le désir qu’elle m’initie aux plaisirs dont elle seule a le secret. Ne souhaitant pas la garder dans la poche arrière d’un jean Energie consciencieusement rabaissé au niveau de mon séant, je décide d’en faire partager cette maitresse qui m’a tant appris lors de nos séances d’onanisme rhétoriques : oui j’avais cédé aux chants de cette sirène et la voir se cambrer de plaisir me sustente.

Ces dernières années je lui ai accordé le privilège de quelques coucheries, parfois sur un drap blanc zébré par la noirceur des abysses de mon esprit. Mais le plus souvent nos incartades se déroulent aux yeux de tout le monde virtuel, laissant mon imaginaire prendre contrôle de mes mains et faire vibrer du bout de mes doigts la multitude de cyber voyeurs venus assouvir leur appétence, qui verront leur écran immaculé par une éjaculation binaire.

Certains avaleront mes mots, savoureront mes pensées, d’autres me les recracheront à la figure ne les trouvant pas de bon goût, comme dirait  mon ami Dwayne C.

Qu’importe j’ai toujours privilégié le bon mot au bon gout.
La provocation est notre aphrodisiaque de prédilection. Cependant subsistait toujours cette nécessité de reconnaissance par autrui, telle une jeune fille au père absent, à la recherche la figure paternelle en mettant à profit son élasticité utérine. Elle et moi somme tout deux à la merci d'une quête sans fin. Les plaisantins parleront de "quequette pour sa faim" la concernant.

J’ai bien trop souvent essayé de revenir auprès de mon premier amour, pour me rendre compte que, malgré les efforts de politesses et quelques rares instants magiques, ça ne serait plus jamais comme avant. La flamme artistique vacille au fur et à mesure que l’allégorie du phœnix perd de son sens.

Que restera t il de moi, me suis-je interrogé, me tenant debout sur la corniche de la liberté d’expression, avec en contre plongée le vide du conformisme qui me tendait les bras. Le bougre, j’avais oublié que la corruption était son arme de prédilection. A quoi bon résister, il y’a bien longtemps que j’avais céder à la pire de ses addictions : la consommation. Derrière moi, ma femme et ma maîtresse, éplorée résignés devant l’inévitable suicide de mon moi artistique. Plus jamais je n’aurais l’occasion de me délecter des cambrures d’un trait de crayon, impatient et excité à l'idée de découvrir ce qu’allait encore une fois enfanté mon imaginaire ; ou des courbes d’une parenthèse prête à abriter un autre de mes traits d’esprit dont la nécessité d’être enfermée entre deux ponctuations n’a d’égale que son irrévérence.

Ce qu’il restera…

Surement quelques gribouillages sur le coin d’une feuille de cours ou d’un règlement intérieur, de nombreux fous rires laissés aux amis en guise de remerciement des moments passés, une ribambelle de conjectures abandonnées au fond d’un cerveau trop souvent mis à mal, plusieurs billets d’humeurs couchés sur papier dont l’encre a été estompée par les larmes d’un clown,  des pensées aussi décousue qu'un jean Diesel acheté sur un souk au Maroc après deux mois, mais surtout le sentiment d’une œuvre inachevée et bien souvent incomprise.

Et toujours cette amère certitude : un excentrique est n’est qu’un anticonformiste de panurge.

Ce qu’il me reste…

Mon sourire, ma nonchalance, mon détachement, mon humour, mon calme.

Plus d’un an que je n’avais pas bloggué et toujours cette phrase qui résonne :  « Un jour ou l’autre, tout fini par se savoir». Le problème avec le pardon c’est qu’on a que deux joues.

Peut être qu’en fait le vrai bonheur c’est d’être conscient qu’on est en malheureux en fait.

(1)Vous qui entrez ici, abandonnez tout espérance (Dante, La Divine Comédie)

Soul Music Breast fed / Hip Hop Powered / Manga Addicted / Punchline Excited. Le Schumacher de la bonne formule, et père fondateur de la New Beat Generation

1 Commentaire

  1. Klara dit:

    je suis maman de deux grands garçons et à la lecture de ces quelques lignes je suis boulversée par la détresse et la douleur que tu portes en toi...(la suite est sur ton mail)...mon garçon...

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