Peter Paniscus Syndrome

On me dit souvent qu’il y’a rien de plus dégueulasse au monde que de voir un orphelin tchétchène souffrant de mucoviscidose se faire violer par son propre père, au pénis recouverts de furoncles purulents, et obligé d’écouter du Zaho le soir de Noël, qui est également le jour d’anniversaire de l’heureux veinard…

Faux !

Y’a mon blog aussi…

C'est en me réveillant par un beau matin de Décembre vers les coups de 19H, après avoir dormi pendant 3 jours complets, que je m’étais rendu compte que j’avais échappé à la frénésie de Noël (et des fêtes de fin d'année de manière générale), frénésie qui vient s’abattre tous les ans sur nos têtes comme un malheur sur Haïti… Mon système immunitaire ayant été pris pour cible dans une tournante microbienne, cette partouze virale aura rendu mon corps aussi fébrile que l’hymen d’une musulmane en 2011.

Mais ce n’est pas de mon aisance presque indécente à pouvoir hiberner tel un ours brun dont je voulais vous parler (même si au vu ma tonsure, et si je n’étais pas quasi certain de partager le même lobe frontal qu’un singe bonobo, je me rapproche plus d’un grizzly qu’un être humain, que ce soit au niveau des poils, de l’envergure, et de mon odeur de saumon mort). C’est plutôt du goût de scrotums de taupes confits à la pisse de merle que j’avais au fond de la gorge.

Nan, ce n’est pas à cause de cette accumulation de glaires fermentées, dont le goût se rapproche fortement de celui d’un cunnilingus exécuté sur une cadre dynamique rencontrée dans jeudi soir lors d’un afterwork (rappelez-vous que sa dernière douche remonte au moins à douze heures…c’est ce que j’appel "le paradoxe de l’afterwork"). Les germes de ce goût amer latent sur mes papilles n'était que la somatisation d'un certain malaise, lorsque je me suis rendu compte que je me suis reveillé... différent.

C’est affolant de voir à quel point les priorités ont changé… mes priorités ont changé.

Ces dernières semaines, la seule question qui me préoccupe c’est de savoir ce que je vais faire de mon 31 (décembre). Pour le reste, chuis au chômage, sans ressources, avec un appart en travaux sur le dos et des crédits qui seront remboursés le jour où je ne banderais plus… Et vu la petite belette que je me tape, je pense que seule la mort me soulagera de mes créances. Nan mais je me rends compte en prenant de la bouteille (ND2FK : la lecture de la biographie d’Eddy Mitchell a énormément de répercutions sur mon vocabulaire ces derniers temps) que la vie est drôlement chère… la vie adulte du moins.

Ah si seulement les banques de sperme émettait des vraies capitaux… ma queue serait une Black Card si c’était le cas, et y’en aurait pas mal à qui j’aurais offert des gorges en or massif.. Mais bon, ce n’est qu’un simple délire utopique, je me vois mal faire un apport personnel devant mon conseiller bancaire à la force du poignet : d’une part parce qu’il est déjà indiqué dans mon dossier que je suis un vrai branleur, ca n’aura eu l’effet d’un pétard mouillé ; et d’autre part parce que c’est super difficile de s’exciter devant un écureuil en image de synthèse qui te propose un placement à 2,4%... (à 3,6 j’aurais ptete considérer une demi molle mais bon). Par contre ca aurait été beaucoup rapide pour payer mon abonnement internet chez Alice.

Je me suis amusé à attarder ma réflexion sur une frise ante-chronologique de mes principales motivations et priorités durant les dernières années.

  • A partir de 25 ans : "Putain comment je vais faire pour rembourser ce truc ?"
  • De 22 à 25 ans : "Putain comment je vais faire pour me débarrasser de ces morpions ?"
  • De 14 à 22 ans : "Putain comment je vais faire pour rentrer dans ce trou ?"
  • 0 an : "Putain mais comment je sors de ce trou ?"

Avant je me souciais pas trop de savoir « OU » j’allais passer le nouvel an, mais plutôt « DANS QUI ». J'aimerais vous épargner le "contrargumentaire" lu et relu sur la futilité de fêter la fin d'une année fiscale, et le début d'une nouvelle année dans le calendrier: non, je comprend absolument la nécessité sociale de se réunir autour d'une tradition festive, occasion de se retrouver avec les siens et éventuellement de se mettre la race dans les rues de ta ville, sans être inquiété par la marais chaussé. Et ouais si tu te balade complétement bourré et que les flics ne t'intercepte pas, c'est que :

  • soit c'est le nouvel an
  • soit tu es une belle gonzesse, dont l'état d'ébriété n'a pas encore fait couler ton maquillage et remonté ta bile
  • soit t'es tout simplement en Espagne un jour de semaine...

Aujourd’hui, mes gros kiffs, c’est de me balader dans les rayons de Maisons du Monde pour savoir comment je vais décorer mon appart,  alors qu’avant la seule chose que je voulais re-décorer c’était moi ! Fut un temps où 90% de mes tunes je les dépensais en fringues, et les 10% restants étant liés au moyens de me rendre dans les boutiques, et de financer les soirées où j’allais pouvoir exhiber ces fringues… Merde.

J’ai... vieilli...

J’ai torturé le Peter Pan qui était en moi, qui ferait passer la dépouille d’Ilan ALIMI pour une Miss France.
A quel moment ai je basculé ?

A quel moment ai je revêtu la cagoule du bourreau et venir maltraiter cette saleté de rouquin à collant vert, qu'on croirait tout droit sorti d'une backroom: nan mais plaisanteries mis à part, chez moi les mecs qui vouent une admiration à des femmes plus âgés et qui repousse une petite bonasse en maillot lycra, soit ils sont gays, soit ils ont moins de dix ans.

Peut être lorsque j'ai décidé de quitter le cocon familiale, le jour où j'ai annoncé à ma grand mère que j'allais déménager, et que la seule chose qu'elle m'ait répondu quasi instantanément c'était "Tu laisse l'écran plasma quand même". Moi qui pensais que cette annonce aurait eu le même effet qu'un cadeau de Noël de Tsahal sur un enfant palestinien...

Ou  encore celui où j'ai accouché bucalement de mes tripes sur le macadam après une soirée enrichie en éthanol et appauvri en discernement, et que j'ai prononcé ces mots terribles : "c'est la dernière fois que je bois"... suite à cette promesse, j'ai du faire mon deuil de l'alcool et noyer mon chagrin dans des Long Island...

Je ne sais pas à quel instant j'ai commencé à regarder la vie d'un autre oeil. Mais force est de constater que mon appréciation du monde qui m'entoure est devenu quelque peu sinusoïdale. Je me surprend à réagir de manière complétement adulte face à des situations qui autrefois aurait rendue jalouse la plus belle de mes muses.
Aujourd'hui, lorsque je vois une mère passer avec son fils mentalement handicapé, je ne peux m'empêcher de penser au calvaire que doivent vivre ces parents tous les jours... d'autant plus que cette situation est profondément encrée dans ma propre famille, notamment pour ma soeur avec notre fils.
A une époque, je me serais demandé ce que cette dame faisait avec son pokemon sorti de sa Pokeball.

Nan, faut que j'arrête. Malgré mes poils de nez blanc et une baisse exponentielle de la durée de vie de mon foie, je suis encore un peu trop jeune pour faire une rétrospective de ma vie à mon âge.
Somme toute.
Mais quand je relis mon blog, non pas pour le corriger (les fautes d'orthographe font tout le charme de mes articles, comme le moisi dans le roquefort, ou les 12 ans d'une prostituée thaïlandaise), je me rassure en me disant que tout ce que j'ai écrit par le passé, je le pense encore aujourd'hui. Cependant ce qui m'attriste c'est que je ne sais pas si j'aurais plus l'exprimer avec la même verve, la même virtuosité prosaïque: l'allégorie du phoenix perd de plus en plus de son sens (pour me citer)...

Avec l'âge, j'ai gagné en responsabilités... ca n'engage pas pour autant mon devoir de les remplir !

Je suis toujours aussi puéril, je fais les choses à la dernière minute, je veux payer les trucs cash pas à crédit, je sais toujours pas faire ma lessive, je laisse trainer mes affaires sur le sol dans la chambre (et dans un rayon de 20 mètres), je met la musique à fond à n'importe quelle heure: la seule différence entre mon moi ado et mon moi adulte, c'est qu'aujourd'hui j'ai des remords... parce que les conséquences ne peuvent retomber que sur moi ! Un peu comme chier sur un trampoline.

Je suis une sorte de chimère, mixtion entre un Enfant, un Adulte et un Bonobo: je suis Peter Paniscus. J'aime faire des blagues à Katia ou la chatouiller jusqu'à ce qu'elle arrive plus à respirer. J'aime faire des jeux de mots de plus en plus pourri avec Jipé, à faire passer les blagues Carembar pour du Confucius. J'aime aller chez mes parents et mettre les pieds sous la table. J'aime m'allonger dans le lit avec mes neveux (Michael si tu me regarde de là haut... beat it), parler de jeu vidéo et regarder Cartoon Network avec eux , parce que les dessins animés m'éclatent plus qu'eux !

La seule différence c'est que maintenant, je peux rentrer chez moi me balader à poil en sirotant un cocktail chez moi, avec YouPorn sur le plasma 127 Cm: le vrai luxe, c'est de pouvoir mettre un film porno AVEC le son à 16H30 ! Les goûters de mes voisins ont drôlement évolué, ainsi que le nombre de déchets plastiques dans la poubelle de recyclage, mystérieusement repeinte en blanc nacré...

Tout ca pour vous dire que contrairement à Marc Dutroux, jamais je ne me débarasserais de l'enfant qui réside en moi, j'en ai encore besoin. C'est la source de mon inspiration pour déblatérer mes conneries urophiles qui ferait passer les discussions d'une cours de récré pour des dialogues de Platon.
C'est lui qui dirige mes doigts pour enfourcher le crayon dans le seul but de souiller le drap d'une feuille A4, avec une tache produite par mon autisme créatif. Cet enfant qui me pousse à transformer ma vie en un immense terrain de jeu, jouant au chat et la souris avec l'état et les forces de l'ordre, au docteur avec une petite belette, au papa et la maman quand faut nettoyer l'appart, au roi du silence en OpenSpace, à 123 soleil quand le patron passe dans les couloirs...
Le meilleur dans les jeux d'enfants, c'est qu'on peut passer de l'un à l'autre dès que la lassitude pointe le bout de son nez: on a beaucoup à apprendre des enfants... les échangistes l'ont bien compris.

Peter Pan est mort ! Vive Peter Paniscus !

Faut voir le bon coté des choses : maintenant je me tape la fée clochette.

Bon aller, comme disait mon père à ma petite sœur « je me retire ».

J'ai certe vielli, mais je suis toujours immature.

2Fik, adulescent laïc.

Soul Music Breast fed / Hip Hop Powered / Manga Addicted / Punchline Excited. Le Schumacher de la bonne formule, et père fondateur de la New Beat Generation

3 Commentaires

  1. Triice dit:

    Plus encore que l'article, c'est la démarche qui fait plaisir. 2Fik, l'insolent laïc a repris du service. Ravi de te lire de nouveau!

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  2. Sabrina dit:

    Tu aurais été victime du calendrier de l'avant, t'inquiètes pas que tu n'aurais pas échappé à la frénésie de Noël ; et puis si ta queue était une black card, les réceptacle seraient très étroitement privilégières, type Rotsch'at Bank money withdrawal.

    Et puis tu sais toujours p

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  3. Sabrina dit:

    Et puis tu ne sais pas faire ta lessive, mais ta machine à laver, elle le sait pour toi. Je crois que je suis jalouse de ta machine à laver. Elle pourrait me dire : fait gaffe ton beau petit jean à 300 boules il est foutu, dis merci à la chekchouka de Ouarda et au safran qui compose sa sauce.

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