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Les relations interpersonnelles me passionnent. C’est vrai !

Les interactions, les nœuds sociaux, les codes, l’étiquette et autres protocoles sont d’autant d’aspects de la sociologie qui m’inspirent, et qui occupent une grande partie de mes interrogations entre deux pensées salaces.

Tel un père de famille d’Outreau, Triice avait déjà touché du doigt un point sensible, notamment les relations hiérarchiques et les interactions dans la vie professionnelle, en dépeignant un portrait de la réalité qui ferait passer la Joconde pour un vulgaire post it où Jamel Debouzze aurait gribouillé avec sa main droite.

Oui, pour survivre en entreprise, il faut être une geisha décorée de la comédie française. Mais personnellement, le mal être de la force de travail et l’aliénation envers le chèque qui tombe à la fin de chaque mois, est comme ce bucket de poulet que j’ai mangé au KFC y’a 2 mois : quelque chose qui a depuis bien longtemps été assimilé en moi. Et comme pour ce dernier, j’en chie encore aujourd’hui, mais je connaissais déjà les risques.

Le mal être d’un poste qui ne nous convienne pas, qui nous bouffe, l’hypocrisie ambiante, les faux semblants et le rôle que l’on doit jouer devant la machine à café 40h par semaine (pour les plus chanceux). Pour combien d’entre nous il est devenu aisé de prétendre être quelqu’un que nous ne sommes pas, qui si on nous en faisait la description déclencherait en nous une hématémèse de répulsion.

“Souris et crache moi dessus”, nous a offert mon âme soeur incestueuse. A croire qu’il y’a quelque chose dans mon attitude ou dans mon regard qui me rend complètement hermétique à toute écume de l’ire hierarchique. Fort de ma longue expérience dans le monde de l’entreprise et de mes nombreux stages en discussion mondaine en présence de personnes du troisième âge en mouvement vertical (ND2Ffizzle: en ascenseur), j'ai atteint un tel niveau en programmation neuro-linguistique, que je suis parvenu à intégrer à chacun de mes “Oui / Bien sur / Absolument”, un “Va te faire enculé ?” des mieux sentis. Non, le point d’interrogation n’est pas une coquille, mais bien l’embryon d’un doute nécessaire comme dans toute foi qui se respecte: le choix d’insérer un cylindre veiné et turgercent demeurant toujours à la discrétion de mon interlocuteur, tout en rappellant que la décision appartient toujours au supérieur.
D’aucuns diront que mon envergue de boucher-charcutier moldave adepte de basket ball joue aussi dans l’absence de représaille béligérante. Pas faux.

Mais lorqu’on a face à soit une ceinture noire de “Je m’en foutiste”, troisième dan du dojo “Je m’en bas les couilles”, il faut apprendre à faire preuve d’humilitié, la fuite étant également un technique martial. Et ca je pense que les personnes qui m’entourent l’ont bien intégré.

Aujourd’hui tout cela me fait autant d'effet qu'une paire de seins à Christophe Willem. Pour vous dire que rien ne m’atteint… enfin rien ne me surprend du moins.

Pour moi la vie est une sorte de Garcimore ou de Jean Alesi : adepte de mauvais tours, elle est capable souvent de nous arracher un sourire compatissant. Depuis ce constat, je l’observe, les zygomatiques de ma joue droite prêts à dégainer. Un seul coté suffira. À trop vouloir la tendre, l’autre joue est devenu complètement endolorie. Le pardon est semblable à la boxe: aussi noble soit il, la nature humaine est un free fight où il ne tient jamais longtemps.

Au fil du temps, le cynisme aura tenu en joue mon innocence afin qu’elle y creuse sa propre tombe : mais bon, les fossettes ça plaît aux filles paraît il.

Ce n’est pas la vie en elle même qui ne m’interesse pas. Ce sont les gens. Cependant tel un trou dans le mur de la douche des filles, j’y trouve toujours un certain attrait chez eux, notamment dans la manière dont nous sommes liés les uns aux autres.

L’entrée en bourse des sentiments nous oblige à rentabiliser au maximum le moindre investissement. Qu’il soit pécunier ou émotionnel, un investissement reste un investissement. La capitalisation des interactions avec autrui, qui nous poussent à tirer le maximum de profit d’une relation, est aujourd’hui la réalité au coeur de nos réseaux, nos amitiés, nos amours.

Oh n'écarquillez pas tout de suite les yeux, l’index prêt à défiler la roulette de votre souris pour vous précipiter sur les commentaires afin d’y exprimer votre indignation. Je sais que la substantifique moelle du concept même de l’amitié est de donner sans attendre en retour. Certes.

Mais cela voudrait dire que l’amitié ne serait pas régit par la seule loi universelle de l’univers : chaque action entraîne une réaction. Il n’y a pas de grande différence entre faire plaisir à quelqu’un sans rien attendre en retour, ou en attendre une certaine réciprocité: quelque soit le retour d’autrui, le bénéficiaire ne peut être que notre propre égo, par le truchement de notre plaisir personnel, que ce soit dans le plaisir d’avoir fait plaisir, ou le plaisir obtenu par un artefact...
Ce concept est d’autant plus renforcé dans les liens amoureux, on aime une personne parce qu’on la trouve belle (plaisir de l’égo), désirable (assouvir son désir), avec qui l’ont partage une certaine complicité (facilite la cohabitation) et plus ou moins les mêmes valeurs (important si l’on souhaite fonder une famille).

Enfin si on y réfléchi bien, ne dit on pas: compter sur quelqu’un, ou par extension, que quelqu’un compte pour vous ? La valeur d’une personne à nos yeux ? Avoir des amis en or ? Appeller sa moitié mon trésor ?

Seulement aujourd’hui, lorsque je fais le bilan comptable de mon portefeuille de titres, il faut admettre que je devrais revendre grands nombres de mes actions.
Aujourd’hui plus que jamais, je sais que je suis seul. J’en suis persuadé. Lorsque je pense à la seule chose qui ait une once de légitimité dans cette vie et sur laquelle je ne fais aucun calcul, c’est le lien qui m’uni à mes parents. Un cordon ombilicale en adamentium que même le couperet de l’existence et de ses aléas n’aura pu sectionner.

Ma vie se résume à observer la foule qui m’entoure comme un tableau impressionniste en noir et blanc, dont les seuls touches de couleurs n’ayant su attirer mon oeil sont le marron de ceux de ma grand mère et des mes tantes.

Le reste, je m’en fous.

Loin de moi l’idée de faire l’enfant gâtée, qui se mordra les doigts une fois que l'insatiable dame solitude aura dévoré le reste de vie sociale qu’il lui reste. C’est un fait. Aujourd’hui je ne me sens bien que lorsque je rend visite à mes parents. Superman a lancé un concept de ouf avec sa forteresse de solitude. Je l’ai juste plagié, j’y ai juste rajouté un salon oriental, quelques murs imprégnés des rires de lorsque mes frères et soeurs étions enfants, et de l’amour en surproduction. Le seul endroit ou j’arrive à trouver le sommeil. Le seul endroit ou j’ai l’impression d’être à ma place.

Le reste, je m’en fous.

Pendant longtemps j’ai essayer de plaire au plus grand nombre. Mes camarades de classes, mes potes, les filles (ah les filles), quand je regarde derrière moi, je commence à me demander si mes différentes passions et mes choix n’étaient pas inconsciemment liés à ce désir latent de séduire.

Mon coté artisitique, mes dessins, ma prose seraient ils la somatisation d’une volonté profonde de sortir du lot, de pousser le gens à s’approcher de moi, à se pencher vers ma feuille de papier, en attendre un compliment, comme un chien attendrait un susucre ?

Ma verve, mon humour, mon amour de la vanne, une autre manière de me démarquer, de fédérer, de faire rire les garcons parce qu’il n’y a rien de plus gratifiant que les larmes d’un fou rire pour un bouffon, faire sourire les filles parce qu’il n’y a rien de plus craquant que leurs pomettes qui se gonflent...

Mon narcissisme épisodique n’est il pas en fait le vestige de toutes ces années passées à soigner mon image pour intégrer une entreprise ou un vagin (le plus accessible n’étant pas forcément celui lequel on pense... et inversement).

 

Pourquoi ?

J’en sais rien, je vous laisse le soin de m’analyser au travers de cette loghorée aux allures dithyrambiques, celle d’un vingtenaire en voie de péremption, mais issue d’une génération bâtarde dont l’ADN révélera plus tard le génôme hybride d’un adolescent en pleine crise de la quarantaine et d’une fiche de lecture de “L’Attrape Coeur”. La thérapie par les commentaires, ou la psychanalyse 2.0.

Attention, je ne suis pas en train de m'apitoyer sur ma vie. Loin de moi l’envie de faire pleurer dans les chaumières (je préfère allégrement faire mouiller dans les jartières).

Bien au contraire. En tant que bon anticonformiste de panurge que je suis, je ne me laisserai pas happer par la vague de l’extimité comme un vulgaire nourrisson sur une plage japonaise. L’extimité, ou cette nouvelle tendance à s’exposer comme un satire dans un jardin d’enfants. Cette volonté de faire jouer les prolongations à son quart d’heure de gloire, créer sa propre couverture de Paris Match.

Nan mais franchement. I mean (ouais je parles anglais #umpeu), on peut dire tout ce qu’on veut sur les réseaux sociaux, et ressortir les pamphlets récurrents sur certains statuts dont le taux d'intérêt est aussi élevé que la croissance de la Grèce (ouais je m’informe #umpeu). Mais tant que nous restons dans le domaine du banal, je vois pas pourquoi s’acharner.

T’as déjà vu quelqu’un s'énerver contre du vide en dehors d’une aile psychatrique ?

C’est pourquoi vous ne me verrez jamais me plaindre de lire que vous êtes rentré complètement torchés, que tel ou tel film était une daube, apprendre que vous aussi vous êtes fan de Nutella (incroyable), voir postés 50 fois la dernière vidéo d’un chat qui fait du break dance ou d’un bébé qui rit (à croire que personne n’a eu l’idée de génie d’inventer “CATS and BABY Channel”... en tout cas, je voudrais pas râter le premier samedi du mois à minuit)... Ce que je préfère dans l’extimité, c’est qu’elle permet d’assouvir sans complexe cette tare qui sommeille en nous comme un homme après l’amour, ce petit vice qu’on appel le voyeurisme. C’est pour ca que je ne peux que me réjouir quand je me connecte sur Facebook.

A titre de comparaison, c’est comme si tu prenais une machine à remonter le temps, que tu retournais en 1993 et que t’allais dire aux mecs qu’ils pouvaient avoir accès à des miliers de films porno en moins de 20 secondes au lieu d’attendre chaque mois qu’un pote qui a canal plus fasse tourner dans le collège la même cassette, non rembobinée et arrêtée à chaque fois à 10 minutes du film.
Je pense que vous vous rendez pas compte, pour essayer de vous faire comprendre mon bonheur, il faut vous imaginer en tant que mec qui avait une connexion bas débit au début des années 2000.

Ayé ?

Ok.
L’un des seuls intérets d’internet à l’époque pour un mec socialement trisomique avec les filles comme moi, était justement les salons de discussion pour pouvoir capturer une belette. La grande différence à l’époque c’est qu’on parler avant de matter, et aujourd’hui on matte avant de parler.

Déjà à l’époque, les appareils photo numériques, et même les webcams étaient aussi répendus sur le net que les obèses en Somalie. Aujourd’hui encore, très peu de foyer sont équipés en scanner, alors à l’époque... Là ou je veux en venir (je sens que vous vous impatientez... ou pas), c’est qu’aujourd’hui, on est à quelques cliques d’avoir un maximum de photos qui nous intéressent (“Ete 2011 à la plage”, “Aquaboulevard avec les potes”, et j’en passe...), alors qu’à l'époque il fallait tchatter dans un cyber café à Lourdes pour espérer qu’un contact ait par miracle sur son disque dur 4 giga (et ouais mec) un cliché de lui ou elle, en maillot de bain, et de bonne qualité ! Si tu rajoute à cela qu’à cause du débit de l’époque, entre le moment ou une fille t’envois une photo d’elle à la plage, et le temps que tu mets à la télécharger, bah la meuf est déjà enceinte de sa deuxième fille (une petite Alexia).

Alors qu’aujourd’hui avec juste un MMS, tu peux aisément faire un frotti ou un examen prostatique à distance.

Ce genre de perversion est également un enjeux stratégique dans la relation de couple, car elle peut avoir pour issue: soit d’assoir sa position de meilleur pti copain aux yeux de sa copine, soit d’aller fêter la reconduite de son titre de “mon gros déguelasse de mec” en allant séjourner une nuit en pension complète sur le canapé.

Mise en situation (youpi des travaux pratique !): un mec traine sur facebook. Il traine sur le profil d’une demoiselle au physique pornogracieux. Sa petite amie débarque dans la pièce. Eeeeeeeeeeeeet ACTION !

Sénario numéro 1:

- LUI: *se connecte sur facebook* Thaïlande 2011..hum... wow

- LUI:

- ELLE: “Qu’est ce tu fais ?” lâche t elle sur un ton qui notifie qu’elle sait très bien ce qu’il fait

- LUI ne l’ayant pas vu arriver: “Hein ? nan rien je traine sur facebook“

- ELLE: “Ah ouais ? fais voir ce qui te fait sourire ...”

- LUI: “Nan c’est juste les photos d’une potes...”

- ELLE: “Ah … elle est jolie dis donc”

- LUI: “Ouais.. ca va...”

- ELLE: “...”

- LUI: “... ?”

- ELLE: * se lève brusquement et part *

- LUI:

 

 

Sénario numéro 2:

- LUI, ayant entendu ELLE venir, mais n’ayant pas le temps de refermer la page: “Chouchou, viens voir l’album qu’à publié l’autre tapin

(ND2fizzle: penser à être à l’origine de ce genre de discussion, ca fait moins pti garcon pris la main dans le sac par sa mère)

(ND2fizzle: toujours dénigrer les autre femelles face à la lionne dominante)

- ELLE: “Regarde là celle là, encore en train de montrer son cul et taper des pose. Elle en a pas marre de faire la pute comme ca ? En plus elle est cheum, à coté d’elle un moignon c’est un mannequin de chez ELITE”

(ND2fizzle: solidarité féminine).

- LUI: “J’avoue. En plus elle a plein de cellulite, y’a plus de cratères sur sa cuisse que sur la lune. T’as vu comment elle se cambre, on dirait qu’elle a la scoliose. Ce genre de meuf en hiver, toute pâle et le nez rouge, elle aura pas autant de commentaires sur sa photo.

- ELLE: “Hihihi. Tu viens te coucher 😉 “

- LUI: “T’as sommeil ?”

- ELLE: “Nan 😉 “

- LUI:

Cependant, même si la propension qu’ont mes contacts Facebook à m’irriter rapidement est comparable à l’attention que l’on porte aux roms démembrés mendiant sur notre passage, il y’a un truc, plus encore il y’a des gens, qui ont le don de me mettre hors de moi, ce sont les personnes atteintes du syndrome de la dépression discount.

D’après une étude extrêmement sérieuse menée par la Fondation Abdelmalek, (enquête réalisé sur un panel représentatif de la population française... ma liste d’amis MSN et Facebook), 70% des jeunes sont atteints par ce fléau qui touche de plus en plus de personnes. Il semblerait que la population la plus à risque serait consituée d'individus sans personnalité, socialement handicapées de désabusés de l’amour, de jeunes gens souffrant de troubles de l’attention (mais celle d’autrui), de cadres coincés dans les labyrinthes de la pyramide de Maslow, et j’en passe.

Comme son nom l’indique, le syndrome de la dépression discount est une forme de dépression au rabais, accessible à tous, fabriquée à partir de résidus de faux problèmes reconstitués et arômatisé aux crise existentielle avec une bonne dose d’édulcorant.

Le dépressif discount (appellons-les DD pour la suite), c’est un mec ou une meuf comme toi et moi, mais en “moins bien mais en mieux”. En moins bien parce que, bien évidemment, elle déprime. Et en mieux pour la simple et bonne raison que les causes de sa dépression (qu’elle seule et l’enveloppe de Maitre Collard connaissent) sont tellement plus importantes que notre quotidien qu’ils les affichent comme des événements à la limite de la fériérisation.

Différents niveaux de subtilité existent chez les DD pour exprimer leur mal être à travers les réseaux sociaux:

  1. le “J EN EST MARRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRE”: à travers cette énormité grammaticale, j’ai voulu mettre en exergue les capacités intellectuelles de cette première catégorie, qu’on pourrait attribuer aux adolescents, mais qui touche également les plus hautes strates sociales. En général, leur soucis est réglé au bout du quatrième commentaire par un “MDRRR”...
  2. le “A Bout”: une sorte de lieu commun assez explicite qui semble caractériser toutes les personnes poursuivant une scolarité ou ayant un emploi, dont la fatigue extrême vient de leur impossibilité de pouvoir se coucher avant minuit, à cause de “La Nouvelle Star” en première partie de soirée / “La Nouvelle star : ca continue” en deuxieme partie de soirée / “La Nouvelle Star: le bétisier” en troisième partie de soirée / et pour un publique plus intimiste : “La Nouvelle Star n’a pas du culotte” en quatrième partie.
  3. Les “...”: il laisse planer un certain mystère. Assez subtile, il succite l’intérêt et arriver à férer le cyber badeau mais universellement curieux qui va poser cette magnifique question tant attendu: “Qu’est ce qui va pas (ponctué d’un“ma belle”, si c’est une DD femelle, ND2Fizzle)”. Plusieurs types de réponses sont envisageables, notamment le “Rien , tkt” ou le “ca me soûle mais ca va aller ;)” qui sont le best seller. Par contre, une réponse pleine demeure proscrite.
  4. Et enfin, mon préféré, les paroles de chansons. Nan mais j’adore. Alors attention, pas de “Papayou” ou de “Merguez Party”. Non non, D’ailleurs les chansons francaises sont généralement mises à l’écart. Un vrai DD préfère se tourner vers un vers d’une chanson anglosaxone (qui ont couvert tous les petits problèmes où les DD pouvant se retrouver et commercialement exploitable, je vois mal Lionel Richie chanter sur le Cancer Généralisé de sa soeur...). Le challenge avec ce type de statut, c’est d’une, de connaître la chanson, comprendre de quoi elle parle (ou le cas échéant la googler, mais parfois y’a juste le clip posté donc ca aide), et de deux, savoir replacer le contexte en fonction des statuts précédents, des photos, des différents lieux ou se trouvait le DD, de ses amis en mois... Mec, le Da Vinci Code à coté c’est un Sudoku.

Cette mécanique est aussi perceptible dans les discours courant, à travers les textos ou de vive voix, par des “Moué …” ou des “Bofs”... en réponse à des “Ca va ?” des plus cordiaux et bienveillants.

Parfois, dans un élan humaniste (ou pour tuer le temps au boulot parce qu’ils ont mis un nouveau parefeu sur les ordis), il t’arrive de vouloir t’interesser à l’un de ces DDs. Hélas, à vouloir creuser un peu plus, tu fini par devenir le fosoyeur de ta propre patience.

Une personne atteinte de DD, c’est comme regarder un ivrogne gueuler dans le métro: au début tu trouve ca marrant, ca commence vite à te souler, mais tu continue cependant à t’interesser, même si tu fais mine du contraire.

En fait, la problématique repose dans fait qu’elle te raconte son mal être à demi mot: elle te dis qu’elle a du mal à dormir, mais ne te dis pas pourquoi. Que ca va pas dans son couple, sans s’étaler sur le sujet. Qu’elle prend des médicaments, sans mentionner pourquoi elle est traitée... T’as l’impression d’etre un bébé qui regarde sa mère jouer à l’avion avec une cuillère remplie de purée.

En réalité, elle veut que tu comprennes suffisament pour la plaindre, tout en faisant délibériment de la rétention d’informations pour continuer à succiter l'intérêt. C’est ce que j’appel la technique dite “la J.J Abrahams”.

Paradoxalement, on pourrait croire que la seule chose qui puisse irriguer les canaux d’un pénis endolori par les antidépresseur, ou faire mousser les entrailles d’une jeune dépressive disount, ne pouvait être soit un épisode de l’emission “C’est quoi l’amour”, subtile mélange entre Confessions Intimes, le 8ème jour et Youporn; ou soit un featuring entre Grand Corp Malade et Vincent Delerme.

Nan. La depression discount peut tout à fait co-exister avec le couple. D’une part, le couple peut offrir à la personne atteinte de dépression discount un sanctuaire, un lieu d’échange, où l’un se plain, l’autre écoute et essaye de le sauver des ténèbres. Les personnes qui se mettent en couple avec des DD, c’est le genre de mecs et de nanas que tu retrouves à faire du bénévolat pour des causes nobles mais inutiles, genre la surive des lapin zébrés en Loire Atlantique, ou qui deviennent pompier volontaire au Groenland. Le genre de relation malsaine, mais où les deux y retrouvent leur comptes.

L’autre postulat est celui du couple comme locomotive de la dépression discount, vennant alimenter la chaudière des multiples tracas inhérents au couple amoureux: l’amour longue distance, le déséquilibre, l’adultère, un rupture difficile, un mari absent, une femme velue... Et l’une des vertues de la DD est de pouvoir attiser indéfiniment les braises de ce foyer à emmerdes de manière quasi infinie, et ce grâce à l’un symptôme les plus marquant de ce syndrôme: l’absence complète de prise de décision. Car oui, les remords et les regrets sont également essentiels à la surive d’un DD.

Au final, pendant des mois tu te retrouve à remonter le moral à une personne qui en a pas vraiment besoin, et qui dans un premier temps te remercie d’avoir été présent dans sa vie en cette “période difficile” (LEAULE), mais qui au final, t’abandonne sur le trottoir après une balade dans le Bang Bus.

Mais bon. Parfois le couple a du bon.

Non ? Vous êtes pas content de voir les éboueurs embarquer vos poubelles ?

 

Somme toute. Je m’en fous.

 

Ce qui me révulse au plus au point, c’est que la dépression est aux dépressifs discounts ce qu’est le sida aux Enfoirés, l’appropriation d’un problème profond comme un outil marketing et de communication externe, en le dédramatisant et le rendant plus glamour.

En général, si quelqu’un autour de toi est atteint de dépression, tu le sais pas, et quand tu l’apprends, il est déjà trop tard. Le dépressif ne t’enverra ou ne répondra jamais à tes textos, que ce soit pour se plaindre, dire que ca va mal. Il a pas le temps pour ca. Il en surtout pas envie, mis à part quand il passe à l’action.

D”une part, le véritable dépressif n’a pas de compte Facebook ou MSN, afin d’y venir exposer ses états d'âmes l’espace d’un statut, dans l’attente de quelques commentaires en guise de tape dans le dos. Ou si tel était le cas, ce ne serait qu’une tentative désespérée d’embrasser des codes sociaux auxquels on n’adhèrent pas dans le but de relancer une machine plus grippée que Gréogory Lemarchal; une tentative aussi efficace qu’un bouche à bouche pour réanimer un foetus avorté.

La dépression change complètement ta vision de ton environnement. Inconsciement tu te mets à interpréter chaque lieu, chaque personne comme un médium potentiel à ton salut. Enfin si t’arrive déjà à sortir de ton lit.

L’existence en guise de jaule et le corps pour maton: t’en a pris pour perpét. La dépression est ton compagnon de cellule, qui a fait de toi sa pute et t’avili au point de plus pouvoir t’accepter. Le sentiment de vivre dans un corps qui n’est pas le tient, qui t'alourdi, t’enfonce peu à peu dans un sable mouvant mortel mais extrêment lent, qui t'empêche d’avancer, te laissant observateur impuissant de ta propre agonie.

Tu avance avec la sensation qu’à chaque minute qui passe, tu es toujours resté bloqué au moment où le bip strident de ton alarme te réveil, un lundi matin de février, pour aller au boulot: cette fraction de seconde où t’as juste pas envie, ou la relativité et la conscience n’ont pas encore relayé l’abandon et la lethargie.

Passer devant la pharmacie te transforme en gamin obèse face à l'usine à confiserie de Willy Wonka, toutes ces boites de gourmandises thérapeutiques aux noms futuristes avec pour issue espérée une digestion létale avant la dernière sieste.

Les quai de gare, le supplice de la planche pour une âme torturée par des voix pirates ayant pris à l’abordage le vaisseau de l’esprit, te poussant au rebord de ton existence sur une maigre planche faite de ce qui te rattache encore à cette vie... le chemin sera bien rapide.

Le quai devient alors le tremplin pour un dernier saut dans une piscine d’hémoglobine où ce noiront enfin ces voix incessantes: la lumière est au bout du tunnel, les rames de la SNCF ayant subtilisé le titre à “celui qui apporte la lumière”, Lucifer.

Un “accident voyageur” qui s’affiche sur l’écran est le “FIN” d’un film destiné à tomber dans l’oublie, et la promesse d’une délivrance salutaire pour un compagnon d’infortune.

La dépression, c’est la récompense pour la personne avec qui t’as joué, trop joué. Récupérée sur une étagère du rayon jouet au supermarché des gens; elle payait pas de prime abord. T’as vu qu’il y’avait une promo pour liquider les stocks, pour diverses raisons : modèle en fin de course ou d’occasion, pièces défectueuses, emballage endommagé par des manipulations hasardeuses ou malintentionnées...

A chaque caprice son jouet.

Un trampoline humain, toujours à terre, tu t’amuseras à sauter sur lui de plus en plus fort, pour aller de plus en plus haut, en testant sa résistance, pour te griser dans un égoïsme exarcébé, mais aussi te soigner et t’aider à rebondir vers ta prochaine relation après ce petit divertissement passager : le trampoline est certes plaisant, mais il devient vite encombrant et désuet.

Un objet ludo éducatif. En bon petit chimiste, tu pourras expérimenter les différentes recettes que tu as concocté dans ton laboratoire social, et étudieras de manière empirique tes meilleurs trouvailles pour en faire ultérieurement des procédures pérennes.

Il est également accompagné d’une encyclopédie vivante qui te permettra d’apprendre un peu plus sur les écorchures de la vie, des conséquences de certaines pratiques mais qui t’aidera également à mieux te comprendre. Enfin, tu pourras exercer tes talents en manipulation sur Docteur Maboule en chair et en os, un taille haie en guise de pincette, où seul le coeur est présent, et où les larmes ont remplacé le nez rouge. Les larmes c’est pas vendeur.

D’autre préféreront le yoyo émotionnel: pendu à toi et complètement à ta merci, tu le manipule d’un simple geste, presque sans aucun effort. Une sensation de contrôle absolue qui te pousseras à le faire monter de plus en haut, pour en admirer la chute vertigineuse, toujours plus, jusqu’à ce que la corde se noue et qu’il refuse de redescendre, ou pire, qu’elle craque et qu’il soit condamné à rester définitivement à terre.

Une vulgaire poupée de chiffon, qui - contrairement à la légende à la précédant - a désormais proscrit la négation dans son vocabulaire pour fomenter l’acceptation. Utilisée dans un premier temps pour sécher les dernières larmes sur ta joue, petits cadeaux de départ de la personne que tu croyais ton âme soeur, pour peu à peu finir comme un vulgaire torchon souillé d’autre fluides tout aussi amer.

Bref, le jouet dont on sait que l’on aura aucun regret si on était amené à l’abîmer ou le briser.
Pourquoi pas après tout, quoiqu’il arrive on peut toujours compter sur les bonnes oeuvres pour s’en débarasser.

La dépression, c’est ce qui te gangrène quand tu prend ta plume pour faire pénitence d’un négationnisme du malheur d’un proche, un torticolis dans la nuque mais les yeux reposés à trop avoir tourné la tête et fermer les yeux face à l’évidence...

...parce que le reste, je m’en fous.

Le mirroir est mon Nurimberg.
Je suis criminel de ma propre humanité.

Soul Music Breast fed / Hip Hop Powered / Manga Addicted / Punchline Excited. Le Schumacher de la bonne formule, et père fondateur de la New Beat Generation

2 Commentaires

  1. Ledock dit:

    Man. Ton article m'a fait mal. Si je devais l'associer à un album que j'ai kiffé dernièrement, je dirais "Watch the throne".

    Au début t'as commencé doucement. T'as mis du hit commercial, t'as mis ce qui avait fait tes lettres de noblesse : La "metagore" 2fizzlienne, une signature vive, conçise, irrévérencieuse comme le Z de Zorro sur lbide du sergent garcia. Mais un moment je me suis dit c'est trop.

    Puis je me suis demandé ou est-ce qu'on allait.Il mélange tout. Il nous fait une fusée d'album hip hop et il glisse un duo avec Beyonce.

    Puis tu t'es fâché,t'as envoyé la sauce. T'as fait une introspection. Et j'ai vu. J'ai constaté un truc qui m'a bluffé.Ton rapport à l'humain est exactement le même que le mien. Sur plusieurs paragraphes, t'as exprimé ce que je n'avais sans doute pas le talent de coucher dans mon éditeur wysiwyg. j'ai failli me lever tel le compagnon de Spartacus sur la montagne pour dire : "Je suis 2fizzle !!"

    Et que dire sur le passage concernant la dépression ? Tu nous as exprimé ça de l'intérieur. Pas de quote wikipedia ou de banalités doctissimo. De l'intérieur. Avec tes tripes pleines de turgescence sanguinolentes.
    Ca m'a parlé.

    "parce que le reste je m'en fous.Le mirroir est mon Nurimberg.
    Je suis criminel de ma propre humanité." Ton article c'est plusieurs morceaux en un conclu d'un assassinat lyrique --> "Muder To Excellence".

    Excellent.

    Répondre
  2. haterz dit:

    cest un peu nul au debut , apres jarrete, apres jvais voir les commentaires et la surprise . en fait vous etes une bande de gay qui vous sucez la bit chacun votre tour. cest un concept. heureux en tout cas detre le premier visiteur exterieur a laisser un message. au moins le temps que vous allez passez a lire ce com c'est les chien de la cite qui vont etre content.bisou

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