[Préliminaires] Sur le bout de la langue.

L’une de mes premières rencontres concrètes avec le sexe, et je parle de comment marchent les affaires une fois que la dernière chaussette est tombée, fut le porno. Le premier glissage de doigt, le premier choc frontal homme-femme sans vêtement. Je n’ai en effet jamais vécu, cet épisode de vie sobrement baptisé  » Papa dans Maman », qui, je n’en doute pas aurait fait le bonheur de mon psy pour expliquer mes déviances sexuelles. Non, c’est dans un bon vieux « film de boules » des familles que j’ai pu découvrir ces merveilles. Commencer mes études sur le sujet. Pour cela, je serai toujours redevable à mon paternel d’avoir gardé ses VHS au même endroit.

Par la suite, ma curiosité sur le sujet me poussa vers diverses revues qui me permirent d’étoffer mes jeunes connaissances. C’est probablement au cours d’une de mes séances de méditation personnelle que j’ai commencé à envisager, de manière machinale au départ, mon propre passage à l’acte. J’avais à cœur de bien faire, donc, au delà du fait que j’essayais de surmonter en parallèle cette peur non formulée d’exploser comme un bouchon de champagne après deux allers-retours, je me mis à analyser les éléments qui me permettraient de rentrer dans le « game » prêt à faire face à toute éventualité.

J’avais déjà pu constater que sauf croissance éclair, mes amantes ne m’appelleraient jamais Mandingo, Blackinator ou peu importe le nom de ces noirs équipés d’arme de destruction massive entre les cuisses que j’avais eu l’occasion de voir en action. Ces considérations parmi d’autres sur les chemins du plaisir m’amenèrent très vite à la notion d’orgasme ainsi qu’à différents moyens d’y parvenir. J’en conclus très vite que celui ci restait la meilleure solution pour satisfaire chacune des parties en présence.

Mes infos sur la Femme n’étaient pourtant pas rassurantes. Des clitoridiennes, des vaginales. Tout un tas de conneries, et des méandres de complication en perspective. Et le kamasutra! Avec aucune info pratique à l’intérieur si ce n’est ses positions défiant les lois de la sciatique… Dans mes recherches, une pratique capta mon attention malgré tout et très vite cela devint évident pour moi. Plutôt que de me creuser la tête, l’idéal serait que je la place au bon endroit. Mon salut était là. Dans le cunnilingus.

J’ai enfin l’occasion d’aborder ce sujet qui offre, il faut le dire, beaucoup plus de possibilités de discussion que ne le laisserait supposer son statut de préliminaire. Prenez la sodomie par exemple. Le thème a été sujet à tellement de blagues, tabous et réactions qu’il en est devenu casual. Parlez sodomie et vous n’obtiendrez guère plus qu’un soupir, deux clins d’oeil voire quelques gloussements. « Je fais, je ne fais pas. J’aime, je n’aime pas. Je m’en tape. Ca me dégoute. Oui, mais avec de l’huile d’olive ». Dans le meilleur des cas vous en tirerez 10min de palabres mais bon, pas assez de contenu pour une branlette.

Avec le cunni, c’est un monde d’anecdotes,de notations complexes, de possibilités qui ouvre ses portes, particulièrement lors des échanges avec la gente féminine. Celui-ci lèche comme le chat de la pub Sheba. Celui-là ne sait visiblement pas où se trouve le clitoris. Quant à lui là bas, en fait vaudrait mieux qu’il s’abstienne tout court de quoique ce soit plutôt que continuer l’aberration à laquelle il se livre avec sa langue. Souvent une cochonnerie baveuse, dégueulasse et ridiculement courte, juste dans le but d’obtenir une fellation de bon aloi derrière.

Force est de constater le nombre de femmes qui finissent par se convaincre qu’elles n’aiment pas le cunni, ou que le cunni ne les aime pas, peu importe, je m’en tape et le drame reste le même. Après,évidemment, je ne fais pas d’amalgame. Certaines n’aiment vraiment pas cela ou alors sont trop gênées pour s’exposer à cette caresse, mais bon, chacun ses soucis j’ai envie de dire et je fais ce que je veux. En revanche, combien de filles en fleur savent qu’elles peuvent se faire butiner vingt fois par une abeille différente à chaque tournée et tomber ces vingt fois là sur des abeilles nulles à chier? Combien d’entre elles abandonnent l’idée même de profiter de cette agréable mise en bouche à cause d’un partenaire passif, n’ayant ni l’idée, ni l’intention de procurer quelconque gâterie? Je ne compte pas le nombre d’histoires de mecs qui ne le faisaient pas par dégoût (une femme, ça mouille), pour cause de prétendue atteinte à leur virilité (plus facile d’y aller dans le coup de rein sauvage que le coup de langue adroit), complexe d’infériorité en tout genre (« Je le fais dans le noir, parce que sinon j’ai trop l’impression de m’abaisser et d’être dominé). Qu’il est triste de voir une femme renoncer à réclamer son dû alors qu’il est si bon parfois de plaquer une tête entre ses cuisses…

 

Je sais que certaines y verront le « savoir-faire » d’anciens amants.

 

Ayant eu la chance d’être entouré de pratiquants de l’art du Cunni, je m’étais toujours dit que nous, je parle des hommes, avions tous assimilé la puissance persuasive que pouvait avoir une langue bien placée. Que nenni. D’un point de vue purement stratégique, le cunnilingus c’est le putain de cheval de Troie. Parce qu’il faut dire qu’avec le nombre de bonhommes mous de la mâchoire qui circulent impunément c’est tout ceux qui charbonnent qui sont récompensés. Un cunnilingus réussi c’est souvent la promesse d’une femme chauffée à blanc, qui juste après avoir repris son souffle vous embrassera passionnément. C’est souvent l’assurance d’une tendre reconnaissance pleine de salive pour ceux qui avaient du mal à l’obtenir. Donnes et tu recevras, comme disait l’autre. Le cunnilingus, c’est un peu ce morceau de musique en soirée qui va faire monter la température. Au final les avantages sont pléthores pour un petit moment à négliger sa quine. Et puis sinon, y a le 69, qui tiendra tout le monde occupé.  3

Quand j’ai parlé à des amis de ce billet, beaucoup se sont figurés, principalement des femmes, que j’allais me lancer dans un espèce de manuel à la con, un guide façon « la léchouille pour les nuls ». Ouais…Non. Et pourquoi pas un guide photo ou un tutoriel Youtube tant qu’à faire? Je peux comprendre qu’après avoir subi certaines langues mes potes aient pu chercher un messager. Un porteur de bonne parole. Un Jésus du clito, un Moïse de la grande lèvre. Ce que je ne suis pas. Chaque cunni est un nouveau défi, une remise en question de ce que je sais faire, de ce que je PEUX faire. Tout ce que j’ai pu apprendre sur le sujet était sur le terrain, le nez calé contre d’un mont de Vénus. Et la seule chose que j’ai retenue c’est que même à ce moment là, l’homme propose et la femme dispose. Son souffle, qui était pourtant calme alors que la voilà haletante. Ses cuisses, d’abord ouvertes timidement, maintenant dans une position complètement indécente. Les gémissements. Ses hanches, tout à l’heure immobiles, maintenant en train de me donner le rythme. Ses mains, tout à l’heure posées sur le lit, maintenant sur ma tête à m’indiquer quelle pression exercer.

Si je jette un coup d’oeil à ce bon vieux Wikipédia, j’ai la définition suivante:

Une langue est un système de signes linguistiques, vocaux,  graphiques ou gestuels, qui permet la communication entre les individus.

Alors oui, le cunnilingus est un échange, une communication subtile entre Elle et moi. Et pour une fois qu’elle n’est pas en train de parler, sauf peut être quand j’entends « Lèche moi » et que je m’exécute avec un plaisir certain, ça vaut le coup de l’écouter…

 

Article source: http://www.triice.fr/blog/preliminaires-sur-le-bout-de-la-langue/

Je parle de tout et rien, mais surtout pour ne rien dire. Si je ne dis rien c'est que j'ai tout dit. Dites bienvenue au vagabond urbain. Là je ris. Inside. http://www.triice.fr

Commenter via les Beaterz

Commenter via Facebook